Archives mensuelles : mai 2026

Pourquoi faire une course quand on sait que l’on battra aucun record ?

Les dossards partent de plus en plus vite, le temps de la réflexion : je m’inscris-je ne
m’inscris pas est de plus en plus court. Alors confiante dans ma 1 ère année au club j’ai
signé pour un deuxième semi (il faut bien en refaire un autre) et autre troisième 10
km, celui de Cheverny pour suivre « l’évènement club » tout en étant disponible pour
encourager avec les enfants mon homme sur le marathon lors du même week-end
sportif.

La course est la conjoncture d’une mécanique bien huilée, bien oxygénée et d’un
mental d’acier. Alors quand le stress au boulot s’intensifie et que son père succombe
bien trop tôt d’une embolie pulmonaire courir à 85% de sa VMA n’est plus du tout
une évidence. On sait que l’on a su le faire, on sait que c’est difficile mais que l’on est
parvenu à s’accrocher. Mais quand le mental est émoussé par les aléas de la vie
c’est la désynchronisation.

Pour moi, au-delà d’un seuil de rythme cardiaque j’ai
l’impression de ne plus savoir courir pour maintenir le rythme : dois-je augmenter la
cadence ou mettre un peu plus de puissance ? Je m’embrouille entre mes foulées et
mon souffle, rien n’est naturel et tout d’un coup une petite voix pernicieuse qui dit « et
puis merde, pourquoi tout ça » et hop sans le vouloir vraiment je m’arrête. Alors sur
les prochaines séances d’entrainement je pars avec la double crainte de n’a pas tenir
les allures et de laisser tout simplement tomber.

Alors quand arrive le jour J que fait-on ? Je déclare forfait ?

Non, j’ai choisi de faire ses deux courses pour

  1. Être sur la ligne de départ avec mon homme
  2. Combattre cette petite voix pernicieuse : même moins vite je m’accrocherai (et
    sur un semi ce n’est pas rien)
  3. Profiter de l’exercice physique en mode endurance pas trop violent : et oui
    c’est quand même sympa de faire le plein d’endorphine le long des bords de
    la Corrèze ou à travers le domaine de Cheverny.
  4. Trouver d’autres motifs de satisfaction. Comme se positionner dans les
    derniers et remonter un maximum de participant. Bien que la montre m’indique
    que l’allure est trop lente (et oui j’avais programmé l’allure à 85% de VMA), je
    suis sans être à fond plus rapide qu’en peu plus de la moitié des participants
  5. Provoquer une sorte de déclic tout à fait utopique dans l’ambiance de la
    course

Alors cette année pas de record, mais je suis d’autant plus fière de mes débuts. Les
records personnels ne sont pas simplement l’aboutissement d’un plan bien rodé. Il y
a tellement de facteurs qui nous font échoués qu’il savoir savourer et resavourer les
petites et les grandes victoires obtenues.

Camille HESPEL